lundi 7 septembre 2026

MAIL ART, DADA & FLUXUS . - Illustration vidéo et musicale : "Sixty-Eight" (1992) de John Cage, "Fluxus" de Iancu Dumitrescus & "The Dream Syndicate 2 IV 64-4" (1964) par John Cale, Tony Conrad, Angus Maclise, Monte Young & Marion Zazeela,Sixty-Eight (1992) de John Cage

- De Ray Johnson : Untitled (Rimbaud template for Arts Magazine), November 1971, copy-art pour mail art photocopy.
Le mail‑art apparaît officiellement dans les années 1960, autour de Ray Johnson, de sa New York Correspondance School et du mouvement Fluxus. C’est là que le terme se fixe et que la pratique devient un véritable réseau international ; mais bien que la naissance « officielle » date des sixties, des pratiques qui préfigure le mail‑art sont plus anciennes, aa XIXᵉ siècle : invention de la carte postale en Autriche, du timbre postale en Angleterre 1840, en France 1848, alors des premiers envois illustrés apparaissent. Aun début du XXᵉ siècle, les futuristes italiens (Marinetti, Balla, Depero…) utilisent la lettre comme support expressif, mêlant collage, humour, typographie expérimentale ; de poètes et artistes comme GustavebMallarmé, Guillaume Apollinaire ou Marcel Duchamp ont décoré leurs courriers, transformant l’envoi postal en une pratique artistique, toutefois, ces pratiques restent individuelles et ne forment pas encore un mouvement structuré. Le mail‑art devient un mouvement artistique à part entière dans les années 1960 car Ray Johnson, véritable pionnier de l'art postal, dès 1943, expérimente l’envoi d’images et de fragments visuels par la poste ; au milieu des années 1950, il envoie ses moticos : collages, instructions, jeux visuels, puis en 1962, il fonde la New York Correspondance School, réseau d’artistes échangeant des œuvres par courrier et surtout il définit le mail‑art comme un art libre, sans jury, sans règles, sans marché et avec une fonction ludique, il s'agit aussi de jouer, de s'amuser, avec cette pratique ; alors les artistes Fluxus (Maciunas, Brecht, Filliou, Vostell, Ben…) adoptent rapidement la pratique. Le mail‑art devient de contourner les institutions artistiques (musées, galeries, marché de l’art) et de créer un réseau international d’échanges. Les années de 1970 à 1980 voit l'explosion de réseaux internationaux qui pratique le mail-art, c'est l'âge d'or du genre avec une multiplication des appels à projets avec un thème, d' expositions sans jury, d'échanges massifs, des artistes conceptuels comme On Kawara utilisent la carte postale comme une pratique quotidienne, avec le développement de techniques nouvelles le mail art évolue, notamment avec l'arrivée de la photocopie qui engendre le copy-art, l'utilisation de l'électronique pour créer des détournements d'images , l'artistamp (utilisation de tampons encreur), collages, voir même des objets postés. Les caractéristiques essentielles du mail-art sont : L’œuvre,le travail de création n’est considérée comme art qu’une fois envoyée, posté et qu'il a circulé entre artistes, amis, inconnus, du l'importance de la notion de réseau et d'échange ; l'égalitarisme est primordial, pas de sélection, pas de hiérarchie, pas de jugement ; détournement des systèmes de l'art officiel, institutionnel et marchand ; utilisation libre et foisonnante de matériaux, supports et techniques (collages, tampons, photocopies, timbres d’artiste, objets, sons, textes, photos). Le mail‑art a souvent été utilisé dans des contextes de censure ou de répression (Europe de l’Est, Amérique latine), car la poste permettait de contourner les circuits officiels pour faire circuler des témoignages, idées, de manière librement détournée. De nos jours, par certains, le mail‑art est considéré comme un précurseur des communautés Internet : réseaux horizontaux, échanges libres, circulation non institutionnelle ; aujourd'hui, il reste pratiqué aujourd’hui, souvent sous forme d’appels à projets, d’échanges internationaux, de créations hybrides (papier, numérique, objets) mais généralement fondamentalement fort éloigné de l'esprit initial préconisé par Ray Johnson et Fluxus. Des fonds importants, comme la Bibliothèques Kandinsky du Centre Pompidou) conservent des archives mail-art majeures. Enfin il faut mentionner que Le lien entre Dada et le mail‑art est profond, même si le mail‑art n’apparaît que plusieurs décennies après Dada. En bref, le mail‑art hérite directement de l’esprit dadaïste et de son goût pour la subversion, le collage, le détournement et l’anti‑institution ; Le mail‑art, qui émerge dans les années 1960, reprend plusieurs principes dadaïstes, le collage et le photomontage, Dada a inventé le photomontage politique et le collage anarchique. Le mail‑art en fait un langage central : enveloppes collées, cartes postales bricolées, assemblages de fragments visuels, le détournement d'objets, de fonctions, du quotidien et ce Dada a mis au centre de ses pratiques, en transformant des objets ordinaires en art (ready‑made, assemblages). Le mail‑art transforme la lettre, le timbre, l’enveloppe, la poste en matériaux artistiques. Le mail‑art, qui émerge dans les années 1960, reprend plusieurs principes dadaïstes, le collage et le photomontage, Dada a inventé le photomontage politique et le collage anarchique. Le mail‑art en fait un langage central : enveloppes collées, cartes postales bricolées, assemblages de fragments visuels, le détournement d'objets, de fonctions, du quotidien et ce Dada a mis au centre de ses pratiques, en transformant des objets ordinaires en art (ready‑made, assemblages). Le mail‑art transforme la lettre, le timbre, l’enveloppe, la poste en matériaux artistiques.- Christian-Edziré Déquesnes. /// p.s : En France, à Paris, le Centre Pompidou est l’un des rares grands musées à avoir documenté, archivé et exposé le mail art ; cela s’explique par trois raisons : son intérêt historique pour les pratiques alternatives (Fluxus, néo‑dada, art conceptuel) ; son rôle de musée national d’art moderne, qui inclut les pratiques marginales ou expérimentales ; sa plateforme numérique Pompidou+, qui met en avant des contenus sur les pratiques d’avant‑garde, dont le mail art. L’existence de contenus dédiés comme Retour à l’expéditeur : sur la piste du mail art montre que le musée considère le mail art comme un objet d’étude légitime, lié à l’histoire des réseaux artistiques et des pratiques anti‑institutionnelles. Les images issues du Centre Pompidou (Pompidou+) renvoient à un ensemble de ressources intitulé Retour à l’expéditeur : sur la piste du mail art, qui explore : les origines du mail art (Ray Johnson, New York Correspondance School) ; les réseaux internationaux d’artistes utilisant la poste comme médium ; les artistamps, faux timbres artistiques ; les enveloppes illustrées, collages, détournements postaux ; la dimension anti‑institutionnelle du mouvement, en écho à Dada et Fluxus. Le Centre Pompidou ne se contente pas de conserver : il contextualise le mail art dans une histoire plus large de l’art expérimental et des circulations alternatives. Les images du mail art référencées dans la recherche du Centre Pompidou montrent que le musée documente visuellement les œuvres postales, les enveloppes, les timbres artistiques, et les réseaux d’échange. Pourquoi le mail art intéresse particulièrement le Centre Pompidou ? Le mail art correspond parfaitement à plusieurs axes de ce musée, L'internationalisme : le mail art est un réseau mondial (Europe, USA, Amérique latine), l'anti‑institution : le Pompidou étudie les pratiques qui contestent le musée, ce qui inclut le mail art, la transformation, le détournement et l'hybridation des médiums : enveloppes, collages, photocopies, timbres, performances postales.
Le Dadaïsme, le mouvement Dada, né en 1916 au Cabaret Voltaire à Zurich, se caractérise par une révolte contre la guerre et la civilisation bourgeoise, une pratique des arts subversive, provocatrice, iconoclaste, l’usage de collages, photomontages, slogans, objets manufacturés, le refus de la distinction entre les genres artistiques. Le Dadaïsme utilise des supports non artistiques : journaux, photos, objets, typographies agressives, montages absurdes. Les dadaïstes comme Hausmann, Höch, Heartfield, Picabia, Duchamp inventent une esthétique du bricolage visuel, du non‑sens, du jeu et ce qui deviendra fondamentale pour le mail‑art. Dada rejette les musées, les académies, les hiérarchies. Dada cultive le non‑sens, l’ironie, la dérision. Dada est un mouvement international, diffusé entre Zurich, Berlin, Paris, New York. Dada a inventé le photomontage politique et le collage anarchique. Dada transforme des objets ordinaires en art (ready‑made, assemblages). Dada rejette les musées, les académies, les hiérarchies. Dada cultive le non‑sens, l’ironie, la dérision. Dada est un mouvement international, diffusé entre Zurich, Berlin, Paris, New York. Les figures les plus importante du Dadaïsme sont : Marcel Duchamp : ready‑made, humour froid, détournement, Man Ray : photomontage, objets absurdes — préfigure les collages postaux, Francis Picabia : revues, slogans, typographies agressives — ancêtres des envois artistiques. Dans les années 1960, Ray Johnson, Fluxus, Ben, Filliou, Paik reprennent cet héritage pour inventer le mail‑art comme pratique autonome. - Christian-Edziré Déquesnes.
Fluxus est un mouvement artistique né au début des années 1960, fondé autour de George Maciunas, et nourri par les influences de John Cage, du dadaïsme et des avant‑gardes expérimentales. Il s’agit moins d’un « mouvement » au sens classique que d’une attitude : une manière de faire exploser les frontières entre l’art et la vie, entre les disciplines, entre le sérieux et le jeu. Fluxus est un réseau international informel d’artistes qui, dans les années 1960–1970, ont pratiqué un anti‑art humoristique, provocateur, interdisciplinaire, mêlant musique, performance, objets, gestes quotidiens et happenings. Fluxus naît dans un contexte d’expérimentations radicales avec John Cage et ses cours à la New School (1958) qui initient des artistes à la musique expérimentale, au hasard, au zen et à la dé-hiérarchisation des arts ; Dada et Marcel Duchamp qui rejettent les institutions officielles de l'art, qui pratiquent avec humour le détournement, crée le ready‑made, l'anti‑art ; le Black Mountain College, dés 1952, propose des spectacles mêlant musique, danse, arts visuels, improvisations, c'est la préfiguration des happenings. Toutes ces influences convergent vers une idée : abolir les catégories artistiques. George Maciunas invente le nom Fluxus en 1961, en préparant une revue et en organisant des performances à la galerie AG de New York et en 1962, il organise le Fluxus Internationale Festspiele neuester Musik à Wiesbaden, considéré comme l’acte fondateur du mouvement. L'esprit Fluxus se répand ensuite en Europe (Cologne, Paris, Nice, Copenhague, Londres, Stockholm). Fluxus touche tous les arts : Performances / happenings, concerts expérimentaux (silence, bruits, objets du quotidien comme instruments), Events (micro‑actions poétiques ou absurdes), création d'objets, éditions diverses et multiples, livres, les notions d'humour, de dérision, d'anti-spectacle et avec l’idée centrale, sous-jacente, que tout peut devenir art, et l’art doit redevenir un geste de vie. Fluxus est vite devenu un réseau très vaste et fluctuant (comme son nom l’indique). Les figures importantes sont : George Maciunas, Berthol Brecht, Dick Higgins, Alison Knowles, Robert Filliou, Nam June Paik, Yoko Ono, Ben Patterson, Wolf Vostell, Joseph Beuys, La Monte Young, Charlotte Moorman, etc... . Il faut insister sur la philosophie Fluxus qui est anti‑art, le rejet de considrer une œuvre comme objet sacré, qui priviligie l'importance de l'intention et au geste, au processus de création et de cette dernière notion doit être vécue comme un jeu , une interdisciplinité totale au nom de la liberté de créer (arts visuels, musiques, danse, poèsie et littérature, la pratique artistique comme geste quotidien), humour et provocation (Dérision, absurdité, décalage et détournement). Dans l'esprit Fluxus, Art = Vie (Abolition des frontières entre création et existence). Fluxus a influencé la pratique des performances contemporaines, l’art conceptuel, les pratiques participatives, communautaires et les réseaux alternatifs, dont le mail‑art. Son esprit, de nos jours, perdure dans les pratiques artistiques qui refusent les cadres institutionnels. Pour conclure, il me faut signifier que Fluxus = du latin fluxus, « ce qui coule », George Maciunas a fait le choix ce terme pour exprimer un art en mouvement, en circulation, dans l'anti‑fixation, fidèle à l’idée d’un flux permanent d’actions, de gestes et d’expériences. - Christian-Edziré Déquesnes.

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